Jardins communautaires: besoin d’espace et d’argent

Annie Morin
Le Soleil
Publié le 25 avril 2010 à 05h00 | Mis à jour le 25 avril 2010 à 08h40

Certaines villes, dont Montréal et Vancouver, ont planifié... (Photothèque Le Soleil)

Certaines villes, dont Montréal et Vancouver, ont planifié leur réseau de jardins communautaires, souvent dès les années 70. Ce n’est pas le cas à Québec.

Photothèque Le Soleil

(Québec) La rareté des terrains disponibles – et de bonne qualité – près des zones densément peuplées freine le développement des jardins partagés dans la grande région de Québec.

«C’est toujours le même combat entre différents usages du sol et il y en a qui sont plus lucratifs. Or, on sait que c’est souvent le capital qui l’emporte sur les personnes», explique Manon Boulianne, spécialiste de l’agriculture urbaine et professeure à l’Université Laval. Certaines villes, dont Montréal et Vancouver, ont planifié leur réseau de jardins communautaires, souvent dès les années 70. Les terrains consacrés à cet usage sont protégés de tout développement immobilier.

Si la métropole québécoise en compte autour d’une centaine, celle de la Colombie-Britannique en dénombre plus de 1000. En Grande-Bretagne, les jardins dits «ouvriers» font même partie des aménagements urbains de base dans plusieurs quartiers, au même titre que l’école ou le parc.

«On n’a pas ça à Québec», constate la chercheuse. De fait, la Ville de Québec laisse aux citoyens le soin de présenter des projets de jardins aux arrondissements, mais n’a jamais élaboré elle-même de plan d’ensemble. «Ça prend du temps et c’est compliqué pour les citoyens. Ça serait bien si la Ville se dotait d’une vraie politique et réservait des espaces, qui n’ont pas besoin d’être très grands en passant», dit Mme Boulianne.

Celle-ci a notamment l’oeil sur les terrains désaffectés d’anciennes stations-services, qui pourraient être décontaminés et refilés à des jardiniers. Si cela coûte trop cher, il y a moyen de les aménager autrement. Dans Limoilou, par exemple, le sol souillé de l’endroit accueillant le jardin communautaire des Sables a été recouvert d’une épaisse membrane sur laquelle un gros mètre de bonne terre a été ajouté. Des ententes avec des écoles ou des entreprises pourraient aussi être envisagées.

Christine Gingras, présidente du nouveau Réseau d’agriculture urbaine de Québec, s’inquiète toutefois des ententes particulières. Elle donne l’exemple des jardins installés sur des terres appartenant à des communautés religieuses, susceptibles d’être vendues, car les religieux vieillissent et se défont graduellement de leurs propriétés. «Ça amène de la précarité», dit-elle.

Ressources rares

En mode collectif, s’ajoute une difficulté supplémentaire : le manque d’argent. Alors que les jardins communautaires exigent une légère contribution de leurs membres pour payer l’équipement collectif et leur laissent le soin d’acheter les semences, les jardins collectifs sont généralement gratuits, totalement gratuits. Cela car ils ont pour but d’assurer la sécurité alimentaire ou la réintégration sociale de clientèles défavorisées.

Il faut donc trouver des sous quelque part pour se procurer les intrants, mais aussi pour embaucher une personne qui planifie la saison et supervise les activités. «Pour que ça fonctionne bien, ça prend des employés permanents», insiste Mme Boulianne. Faute de ressources, plusieurs projets collectifs de la Rive-Sud de Québec sont d’ailleurs revenus à la formule communautaire.

http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/affaires/agro-alimentaire/201004/24/01-4273996-jardins-communautaires-besoin-despace-et-dargent.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4274001_article_POS2

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